En 1915, le porche central de la cathédrale Notre-Dame de Reims porte encore les stigmates des terribles destructions subies lors de la Première Guerre mondiale. Dès septembre 1914, la cathédrale est lourdement touchée par les bombardements allemands. Les obus provoquent un incendie majeur qui détruit la toiture recouverte de plomb ; le métal en fusion se déverse alors sur la façade occidentale, endommageant gravement les sculptures et les portails, notamment le porche central.
De nombreuses statues sont brisées ou mutilées, certaines têtes tombent et se fragmentent. L’Ange au Sourire, emblème de la cathédrale, est l’un des exemples les plus marquants de ces destructions : retrouvé en morceaux, il sera plus tard patiemment reconstitué. L’ensemble de la façade, bien que toujours debout, apparaît profondément meurtri, faisant de la cathédrale un symbole mondial des ravages de la guerre sur le patrimoine.
Après le conflit, d’importants travaux de restauration sont entrepris. Dès 1919, sous la direction de l’architecte Henri Deneux, un vaste chantier est lancé et se poursuit jusqu’en 1938. Les parties endommagées du porche central sont restaurées ou reconstruites à l’identique à partir de plans, de photographies anciennes et de relevés précis. Les sculptures détruites sont refaites dans le respect du style gothique d’origine, afin de restituer fidèlement l’aspect médiéval du monument.
Au cours du XXᵉ et du XXIᵉ siècle, d’autres restaurations viennent compléter ce travail, notamment le nettoyage des pierres et la restauration des vitraux et de la grande rose. Aujourd’hui, si le porche central de la cathédrale de Reims semble identique à celui d’avant-guerre, il est en réalité le fruit d’une reconstitution fidèle, mêlant éléments anciens sauvegardés et parties restaurées, témoignant à la fois de la destruction et de la renaissance de ce chef-d’œuvre gothique.
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