Pendant plus d’un siècle, un majestueux dôme de 51 mètres de hauteur a dominé l’Hôtel de Ville de Saint-Étienne, marquant fortement le paysage urbain et l’identité de la ville. Comme les grands dômes des édifices religieux ou civils, il symbolisait l’importance de la maison commune des Stéphanois, à l’image du Panthéon de Paris ou de la basilique Saint-Pierre de Rome.
L’histoire de l’Hôtel de Ville débute au début du XIXᵉ siècle. Après avoir occupé successivement l’ancien local des Minimes puis un immeuble communal de la rue de Roanne, le Conseil municipal étudie dès 1807 le projet d’un nouvel édifice sur la place Monsieur, actuelle place de l’Hôtel-de-Ville. Le projet définitif est voté en 1819, sous la direction des architectes Pierre-Antoine Dalgabio et de son neveu Jean-Michel Dalgabio, qui conçoivent un bâtiment organisé autour d’une cour centrale à péristyle.
Autorisée par ordonnance royale le 11 avril 1821, la construction débute en 1822 avec la pose de la première pierre. Le bâtiment, achevé en 1830, présente une façade monumentale au sud, avec un grand escalier menant à sept arcades surmontées de fenêtres en plein cintre. Entre 1858 et 1864, l’architecte Boisson complète l’ensemble par un dôme culminant à 51 mètres, remplaçant le campanile initialement prévu. Une horloge et des cloches y sont installées, rythmant la vie quotidienne des Stéphanois, tandis que deux statues symbolisant la Rubanerie et la Métallurgie sont ajoutées en 1872 de part et d’autre du perron.
Au XXᵉ siècle, l’Hôtel de Ville est frappé par deux incendies majeurs, en 1933 puis en 1952, fragilisant gravement le dôme. Jugé trop vétuste et dangereux, celui-ci est finalement démoli en 1953. Si un projet de destruction complète de l’édifice est envisagé entre 1966 et 1970, il est abandonné après un référendum local. Le bâtiment est finalement préservé et rénové entre 1972 et 1974. Aujourd’hui disparu, le dôme demeure un symbole fort de la mémoire architecturale et historique de Saint-Étienne.

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